Du 9 au 12 juillet, la prochaine grande mobilisation contre le Méga Canal aura lieu dans les Hauts-de-France avec manifestations, actions, village militant, débats et festivités… C’est un moment charnière pour converger et faire définitivement tomber le canal Seine-Nord Europe !

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Pourquoi nous nous opposons au Canal Seine-Nord Europe :
- Un projet de Méga Canal qui suit le tracé d’un canal existant sous utilisé (le Canal du Nord)
- Au moins 10 milliards d’euros d’argent public avec un coût d’emprunt faramineux
- Plus de 300 espèces protégées menacées
- 3000 hectares de terres naturelles et agricoles artificialisées, c’est 2 fois la surface des terres qui devaient être artficialisées pour l’aéroport de Notre Dame des Landes et 6 fois l’A69
- Des travaux équivalents à 10x l’ampleur du tunnel de la Manche et des dizaines de millions de tonnes de béton coulées
- 35 millions de m3 d’eau pompées dans l’Oise (dont un bras rebouché), diminuant la ressource en eau du territoire
- Une mégabassine de 22 fois la taille de celle de Sainte-Soline et des projets connexes de mégabassines, augmentant ainsi l’accaparement de l’eau
- Des chiffres trafiqués pour justifier son utilité (vider les routes) alors qu’il va en réalité concurrencer le fret ferroviaire et la batellerie locale, tout en ne faisant pas baisser le nombre de camions
- La colonne vertébrale de projets imposés et polluants (plateforme logistique, data centers, production d’engrais azotés, traitement de déchets amiantés etc.)
- Un seul objectif : augmenter l’exportation des céréales ou des matériaux pour le BTP à l’international en passant par Anvers ou Rotterdam. C’est un projet qui appuie à la fois la croissance du modèle agro-chimique, de l’industrie du béton et la logique des transports à longue distance qui sont 3 causes majeures de dégradation environnementale et climatique.
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Du 10 au 12 octobre 2025, 2000 manifestant·es s’étaient déjà rassemblé·es contre le projet du canal Seine-Nord Europe (CSNE). Entre promenades naturalistes, joyeuse échapée en direction du chantier et baignade-pirate, nous avons su unir nos forces pour lancer l’offensive contre ce projet mortifère ! Personne n’ignore désormais que le Méga Canal est un Méga Scandale : 3200 hectares de terres artificialisées (8 fois l’A69), des emplois détruits, 300 espèces protégées menacées, l’Oise rebouchée, des méga-mégabassines qui accaparent les ressources locales en eau, des millions de tonnes de béton coulées, et des millions de camions en plus sur les routes. Le tout pour au moins 10 milliards d’euros d’argent public !
Méga travaux pour un méga carnage : il est encore temps de stopper le projet !
Mais notre mobilisation réussie semble avoir laissé un goût amer à la Société du canal Seine-Nord Europe. Depuis, elle a accéléré les travaux préparatoires et les défrichements. Malgré les actions des écureuil·les, les arbres occupés en octobre ont été abattus, tout comme la plupart des grands spécimens sur les 107 kilomètres du tracé. L’objectif est clair : éviter les occupations et jouer la politique du fait accompli.
Au sud du tracé, à Montmacq, les travaux sont déjà bien entamés : le lit de l’Oise a été déplacé, un viaduc achevé et une écluse est en cours de construction. Ici, comme ailleurs, c’est Bouygues qui a empoché l’argent des marchés publics. Les chantiers progressent aussi plus au nord, où l’A2 a été déviée, et NGE, acteur central de l’A69, s’affaire sur les terrassements de l’écluse de Oisy-le-Verger. Mais ne nous leurrons-pas : pas un seul mètre du canal n’a été creusé, et moins de 1 % des travaux ont été réalisés.
Au moins 10 milliards d’euros d’argent public : le canal Seine-Nord Europe dans une impasse budgétaire
Il est encore temps d’arrêter ce chantier, d’autant plus que différents acteurs institutionnels viennent de tirer la sonnette d’alarme et semblent prêts à quitter le navire. Dans un rapport paru en avril 2026, la Cour des comptes est sans appel : elle dénonce un projet marqué « par une dérive des coûts et des délais« , confié à l’établissement public local « mal armé« . En effet, le budget est déjà passé de 3,5 à plus de 10 milliards d’euros, avec un coût d’emprunt qui oscille à lui seul entre 1 et 3 milliards. Des excès pharamineux, qui ne sont pas encores financés, et qui menacent d’alourdir les politiques austéritaires qui touchent notre pays.
Le Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI), une instance consultative placée sous la tutelle du Ministère des transports, a aussi alerté sur le caractère obsolète du bilan socio-économique et les impacts environnementaux « forts et multiples ». En résumé, les caisses publiques (déjà vides) vont être pillées, tout ça afin de poursuivre un projet catastrophique pour le territoire.
Si les institutions n’osent pas s’opposer frontalement au projet, la Société du Canal est sommée de revoir sa copie, et vite. 2026 est une année charnière pour le projet : celle de l’attribution de la majorité des marchés publics. Ensuite, tout pourrait s’accélérer. Il est donc temps de mettre un coup d’arrêt définitif à ce projet, et de défendre le territoire et ses habitant·es !
Un projet contre la batellerie locale et celles et ceux qui habitent le territoire
Le projet impacte la terre mais aussi nos vies : fin mars 2026, les habitant·es de la Vieille-Oise ont été expulsé·es de la rivière. Symbole de l’absurdité du projet, l’Oise doit être rebouchée pour créer un marais et ainsi compenser la destruction d’autres zones humides. À Longueuil-Annel, les pénichard·es ont donc été contraint·es de quitter leurs lieux de vie, accompagné·es par plus de 300 personnes venues manifester leur soutien le jour de l’expulsion.
Pendant ce temps-là, le canal du Nord, canal existant sous-utilisé et dont le Méga Canal suit littéralement le tracé, va quant à lui être fermé pendant plusieurs années avant que le nouveau canal ne soit navigable. Les centaines de batellier·es qui l’utilisent seront mis·es au chômage, et tant pis pour celles et ceux qui ont investi dans un outil de travail – leur bateau – qu’iels ne pourront plus revendre à leur départ en retraite, car il ne sera plus rentable face aux énormes embarcations qui circuleront sur le flambant neuf Méga Canal. En réalité, le CSNE est un projet qui menace toute la battelerie, car il accaparerait les milliards d’euros qui manquent cruellement pour entretenir l’ensemble du réseau fluvial français.
Il ne s’agit pas d’un projet de désenclavement, ni de prospérité au service de ses habitant·es et travailleur·euses. Son objectif est simple : détourner massivement les richesses collectives pour accélérer la mondialisation, au profit d’une poignée de privilégiés et au détriment des terres agricoles, des ressources en eau, des habitant·es et du vivant dans son ensemble. Plus qu’un simple projet d’infrastructure, le Méga Canal est aussi et surtout la colonne vertébrale de projets imposés et polluants en tout genre, qui menacent de s’implanter tranquillement tout le long du tracé : usine d’engrais azotés, traitement de déchets amiantés et énormes plateformes logistiques et data centers sont au menu du projet de « développement » de la région des Hauts-de-France.
Les habitant·es déterminé·es à reprendre le pouvoir !
C’est l’avenir que Xavier Bertrand souhaite imposer aux Hauts-de-France, sans aucune considération pour les voix dissidentes, dans un territoire déjà délaissé et dans lequel l’extrême droite a encore progressé aux dernières élections. Le Rassemblement National, qui ne s’est pas exprimé sur le sujet depuis plus de dix ans, semble soutenir discrètement le projet. Mais les riverain·es n’ont pas dit leur dernier mot : à Oisy-le-Verger, le projet a été soumis à un vote populaire fin avril, avec 70 % d’opposition !
Nous ne sommes pas dupes : nous n’avons pas besoin d’un Méga Canal à 10 milliards d’euros. Nous ne voulons ni accélérer la vassalisation et la transformation des Hauts-de-France en plateforme logistique, ni que le territoire soit réduit à un simple « maillon » du libre-échange mondialisé. Ce projet n’est pas une fatalité. Des alternatives souhaitables et viables sont possibles : entretenir le canal du Nord et les autres canaux existants, revaloriser la batellerie et rénover les lignes ferroviaires commerciales qui ont été abandonnées depuis trop longtemps au profit du tout routier.
Unissons-nous sous la bannière bleu métallique du Martin-pêcheur : faire masse pour inverser le rapport de force
Ils veulent voler nos terres et définitivement briser les réseaux de solidarité hérités des grandes luttes sociales portées par les mineur·es, ouvrier·es et paysan·nes qui ont marqué la région. Il n’en sera rien. Face au massacre en bande organisée de l’Oise et du vivant, et l’exploitation toujours plus importante des travailleur·euses, les Martin-pêcheurs ont repris le chemin de la résistance avec les enfants de la Seine et les géant·es du Nord.
Nous vous invitons à nous rejoindre sous la bannière bleu métallique du martin-pêcheur du 9 au 12 juillet 2026, pour un méga weekend de mobilisation contre le canal Seine-Nord Europe !
Du 9 au 12 juillet, le Méga Canal prend l’eau !
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